Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre : tableau et astuces

Vous cherchez le dosage de bouillie bordelaise pour 1 litre sans passer des heures à jongler entre tableaux, pourcentages de cuivre et calculs de chimiste ? Vous tombez bien ! Dans ce guide, vous trouverez des repères de dosage prêts à l’emploi, des exemples de calcul et une foule d’astuces pour dorloter tomates, pommes de terre, fruitiers ou vigne… tout en ménageant vos sols et la planète.

L’idée est simple : vous aider à préparer pile le litre qu’il faut, au bon moment, et avec la juste dose de cuivre. Finis les surdosages hasardeux, bonjour les traitements ciblés !

Sommaire

Bouillie bordelaise : définition, composition et rôle du cuivre

Un produit centenaire… et toujours sous surveillance

La bouillie bordelaise est un fongicide minéral à base de cuivre, autorisé en agriculture biologique. Née dans le Bordelais à la toute fin du XIXᵉ siècle, elle doit son existence à un heureux hasard : des vignerons avaient enduit leurs ceps d’un mélange sulfate de cuivre + chaux pour décourager les maraudeurs. Surprise : les pieds traités résistaient mieux au mildiou ! Le botaniste Alexis Millardet a alors peaufiné la recette et l’a popularisée.

Depuis, l’encadrement légal s’est durci :

  • Doses maxi de cuivre par hectare et par an : en Europe, la moyenne tourne autour de 4 kg de cuivre métal/ha/an. Vérifiez toujours le chiffre exact sur l’étiquette de votre produit.
  • Réduction progressive : le cuivre, classé substance préoccupante pour les sols et les milieux aquatiques, voit ses limites baisser d’année en année.
  • Formulations contrôlées : seuls les produits homologués (WG, WP, SC…) mentionnant clairement leur pourcentage de cuivre métal sont autorisés.

Pourquoi ce duo sulfate de cuivre / chaux freine les champignons

En associant sulfate de cuivre (CuSO₄) et chaux éteinte, on obtient une suspension bleu azur qui se fixe sur feuilles et tiges. Là, les ions cuivre (Cu²⁺) agissent :

  • Antifongique : ils bloquent la germination des spores.
  • Bactériostatique : ils freinent la prolifération de certaines bactéries.
  • Action de contact : le produit reste en surface ; dès qu’il est lessivé, il faut renouveler l’application.

Ses points forts… et ses failles

Pourquoi on l’aime ? Parce qu’elle est admise en agriculture bio, qu’elle touche un large éventail de maladies (mildiou, tavelure, cloque, moniliose…) et que les résistances des champignons au cuivre restent rares.

Où le bât blesse ? Le cuivre ne se dégrade pas, il s’accumule. À forte dose, il peut brûler les feuilles, bloquer la croissance et nuire à la vie du sol. De plus, son action n’est que préventive : il faut donc multiplier les passages.

Quel dosage de bouillie bordelaise pour 1 litre ? (tableaux et calculs pas à pas)

La base : 10 g/L, et on ajuste

Au potager, on retient souvent 10 g de bouillie bordelaise par litre d’eau pour un traitement préventif classique. Simple, non ? Pourtant, les notices proposent en réalité une plage de 5 à 20 g/L selon la culture, son âge et la pression maladie.

Tableau express : 1 L de solution, combien de grammes ?

Les chiffres ci-dessous servent de fil conducteur. Gardez toujours un œil sur l’étiquette de VOTRE produit, c’est elle qui fait loi.

Repères usuels pour 1 L d’eau

  • Tomates (prévention mildiou) : 10–15 g
  • Tomates (forte pression ou premiers symptômes) : 15–20 g
  • Pommes de terre : 10–15 g
  • Courgettes et autres cucurbitacées sensibles : 5–10 g maxi
  • Fruitiers – traitement d’hiver (bois nu) : 20–30 g
  • Fruitiers au débourrement : 10–15 g
  • Olivier (œil de paon) : 10–12,5 g
  • Vigne (mildiou) : 10–15 g
  • Rosiers et ornementales : 8–12 g

Un pulvérisateur de 5 L ? Multipliez simplement par cinq : 10 g/L sur tomate → 50 g pour 5 L.

Pourquoi varier la dose ?

Un concombre tolère-t-il le même cuivre qu’un vieux pommier ? Évidemment non. Plus la plante est tendre ou sensible, plus on descend dans la fourchette.

  • Cucurbitacées et jeunes pousses : restez sages (5–10 g/L) et limitez les passages.
  • Bois nus en hiver : vous pouvez monter jusqu’à 30 g/L pour désinfecter écorce et bourgeons.
  • Météo pourrie et mildiou aux aguets : on vise le haut de la fourchette, sans dépasser la notice.

Gardez en tête ce credo : mieux vaut plusieurs voiles légers qu’un unique coup de massue cuivrée.

Petit mémo pour transformer les chiffres de l’étiquette en grammes

La notice donne la dose en g/L ? Suivez-la. Elle parle en kg/ha ? Pas de panique.

  • Trouvez le volume d’eau conseillé (souvent 500 à 1000 L/ha).
  • Divisez la dose (kg/ha) par ce volume : vous obtenez les g/L.

Illustration : 2 kg/ha dans 1000 L = 2 000 g / 1000 L = 2 g/L. Pour 5 L, il vous faudra donc 10 g.

Vous mélangez encore sulfate de cuivre et chaux “à l’ancienne” ? La règle traditionnelle tourne autour de 10 g + 10 g pour 1 L d’eau. Mais attention : la loi sur le cuivre s’applique pareillement.

Mode d’emploi : préparer et appliquer la bouillie bordelaise sans faux pas

Avant de commencer : le bon matériel et les bons gestes

Une bassine propre, un pulvérisateur fiable, une balance de cuisine, un simple bâton pour touiller : pas besoin d’usine à gaz. Côté sécurité, gants, lunettes, vêtements couvrants et un masque pour la poudre sont de mise. C’est moins glamour, mais vos poumons et vos mains vous diront merci.

Étapes clés de la dilution

1. Versez d’abord de l’eau à mi-cuve.
2. Pesez la quantité de produit (ex. : 50 g pour 5 L à 10 g/L).
3. Délayez-la dans un peu d’eau, histoire d’éviter les grumeaux.
4. Transvasez dans le pulvérisateur puis complétez en eau.
5. Secouez de temps à autre : la bouillie aime se poser au fond.

Côté réglages, préférez une buse qui fait un fin brouillard. L’objectif ? Un film bleuté homogène, pas des coulées turquoise sur les feuilles !

Quand pulvériser pour que ça marche vraiment ?

• Misez sur un créneau sans pluie annoncée dans les 6 à 12 heures.
• Entre 10 °C et 25 °C, tôt le matin ou en soirée, c’est l’idéal.
• Au potager, comptez entre 0,5 et 1 L pour 10 m² ; sur un vieux pommier, 2 à 5 L ne sont pas de trop.

Et si votre eau est trop basique (pH > 8), un trait de vinaigre avant la poudre rétablira l’équilibre autour de 6-7.

Quand traiter ? Petit calendrier maison

Potager : tomates, patates, courges…

Tomates. Premier passage deux ou trois semaines après la plantation, puis tous les 10 à 14 jours si le temps est humide. Dose standard : 10–15 g/L, jusqu’à 20 g/L quand le mildiou rôde. On stoppe trois semaines avant la cueillette.

Pommes de terre. Dès que le feuillage frôle 25 cm, même routine que pour les tomates : 10–15 g/L, tous les 12-14 jours, un peu plus serré si la météo se gâte.

Courgettes & cucurbitacées. Elles n’aiment pas trop le cuivre. Restez à 5–10 g/L, testez sur quelques feuilles et limitez-vous à deux ou trois traitements maxi. Contre l’oïdium, le soufre ou le bicarbonate font souvent aussi bien.

Verger, oliveraie, vigne : les grands classiques

Fruitiers à pépins ou à noyaux : un coup costaud (20–30 g/L) juste après la chute des feuilles à l’automne, puis un passage plus doux (10–20 g/L) au stade “bourgeon dans le coton”. S’il pleut beaucoup après la floraison, un petit rappel léger est envisageable, sans dépasser 3 ou 4 traitements annuels.

Oliviers. L’œil de paon se tient à carreau avec deux créneaux : fin d’hiver (10–12,5 g/L) et automne pluvieux, à répéter toutes les trois semaines si nécessaire.

Vigne. On attaque quand les jeunes pousses atteignent 10 cm (10–15 g/L), on suit le rythme tous les 10-15 jours, on évite la pleine floraison, et on coupe trois semaines avant les vendanges.

Règles officielles : on ne plaisante pas avec le DAR !

Chaque emballage précise le nombre d’applications annuelles autorisé (souvent 3 à 6) et le délai avant récolte (3 à 21 jours). Ces mentions ne sont pas des suggestions : ce sont des obligations. Et souvenez-vous : le plafond de 4 kg de cuivre pur/ha/an, même s’il paraît lointain pour un jardin, finit par nous rattraper si l’on traite à tout-va.

Précautions, toxicité et impact environnemental

Le revers de la médaille cuivrée

Le cuivre est indispensable… en traces. Trop, et voilà la micro-faune du sol qui trinque, les vers de terre qui boudent, les organismes aquatiques qui souffrent. Quant aux abeilles, mieux vaut les épargner : évitez la floraison et les heures de vol.

Limiter l’empreinte : quelques réflexes

• Pas plus de 3-4 passages cupriques sur la même parcelle par saison, sauf impératif.
• Doses modérées, produits alternatifs, rotations : autant de moyens de rester sous les radars réglementaires.

Que faire des restes ?

Il reste un fond de cuve ? Pulvérisez-le sur une zone concernée plutôt que de le jeter. Volume trop important ? Direction la déchetterie, rubrique phytosanitaires. Pour le rinçage, trois eaux ; pulvérisez ces eaux de lavage sur la même parcelle, jamais dans l’évier.

7 règles d’or pour traiter juste

1. La bonne météo, sinon rien

Pas de pluie imminente, peu de vent, ni canicule ni gel. Si possible, dès l’aube ou en soirée.

2. Dosage & fréquence : suivez la notice

La tentation de la double ration ? Oubliez. Ça brûle les feuilles, ça n’améliore pas l’efficacité et ça plombe le sol.

3. Préventif avant tout

Dès les premiers signaux (taches suspectes, météo orageuse), agissez. Une fois le mildiou installé, le cuivre limite les dégâts, il ne ressuscite pas les tissus morts.

4. Respecter les auxiliaires

On vise le feuillage, pas les abeilles. Et on prévient le ruissellement.

5. Alterner les solutions

Cuivre un jour, bicarbonate ou prêle le suivant. Diversifier, c’est économiser du cuivre.

6. Ajuster le volume d’arrosage

Le but : une pellicule fine et régulière. Ni désert, ni piscine.

7. Tenir un carnet

Date, dose, météo, résultat. La mémoire du jardin, c’est votre meilleur allié pour réduire les traitements.

Alternatives et compléments au cuivre

Bicarbonate, prêle, purin : que valent-ils ?

Bicarbonate de soude : 5–7 g/L + une larme de savon noir. Efficace sur l’oïdium, mais à renouveler souvent.
Décoction de prêle : riche en silice, elle “coriace” les feuilles. Idéal en préventif.
Purin d’ortie : plus un tonique qu’un fongicide, mais un légume vigoureux tombe moins malade.

Biocontrôle & variétés résistantes

Bactéries antagonistes, extraits végétaux, cépages ou tomates tolérants… Moins de chimie, plus de résilience : c’est tout bénéf’.

Une stratégie globale

Choix variétal, rotations, arrosage au pied, serres bien aérées, filets anti-pluie : additionnés, ces gestes font baisser la pression des maladies et, donc, la consommation de cuivre.

Où trouver la bouillie bordelaise ? Formats & prix

Poudre mouillable (WP) : sachets de 300–400 g, boîtes d’1 kg, seaux de 5 kg.
Micro-granulés (WG) : moins de poussière, dissolution rapide, moins de bouchages.
Prêt à l’emploi : flacons de 500 ml à 1 L, parfaits pour le balcon, mais plus chers au litre.

Côté budget : comptez environ 8–10 € le sachet de 400 g (de quoi préparer 40 L à 10 g/L), 10–15 € la boîte d’1 kg, 30–50 € le seau de 5 kg, et 8–15 € le pulvérisateur prérempli d’1 L.

FAQ – Dosage, pratiques et petits soucis récurrents

Combien de grammes pour 1 L ?
En pratique courante, 10 g/L. Selon la culture et la pression maladie, on joue entre 5 et 20 g/L, jamais plus que ce qu’autorise l’étiquette.

Même dose pour tout le monde ?
Certainement pas. Les courgettes se crispent au-delà de 10 g/L, tandis qu’un pommier en hiver peut encaisser 30 g/L. On ajuste selon la sensibilité et le stade.

À quel moment traiter les tomates ?
Deux à trois semaines après la plantation, puis tous les 10-14 jours si le temps tourne à l’orage. On arrête environ trois semaines avant la première cueillette.

Le sol risque-t-il l’intoxication au cuivre ?
Oui, à force. Trop de cuivre nuit aux vers de terre et à la micro-faune, et peut même freiner la croissance des plantes. D’où l’importance de ne pas dépasser les quotas annuels.

Comment régler le pH de l’eau ?
Mesurez-le (bandelettes ou pH-mètre). Au-delà de 8, ajoutez un trait de vinaigre ; en dessous de 6, un soupçon de bicarbonate ou de chaux. Puis préparez votre solution.

La bouillie bordelaise est-elle vraiment bio ?
Oui, à condition qu’elle porte la mention UAB et que vous restiez dans les limites (kg Cu/ha/an, nombre d’applications, délai avant récolte).

Des alternatives crédibles ?
Bicarbonate, prêle, produits de biocontrôle, variétés résistantes. Ils n’éliminent pas toujours le cuivre, mais permettent souvent de réduire nettement les doses.

Que faire des eaux de rinçage ?
Pulvérisez-les sur la zone déjà traitée, en petite quantité. Les égouts ou la rivière ? Jamais !

Dernier coup d’œil avant de passer au pulvérisateur

Retenez ceci : pour un litre de bouillie bordelaise, 10 g suffisent la plupart du temps. Ce qui compte vraiment, c’est le timing, la météo, la couverture du feuillage et la parcimonie. Avec un carnet de bord, quelques solutions alternatives et des variétés robustes, vous verrez vite la quantité de cuivre chuter sans sacrifier vos récoltes. Alors, prêt à sortir le pulvérisateur… mais seulement quand il le faut ?

Questions fréquentes sur le dosage de bouillie bordelaise pour 1 litre

Quel est le dosage standard de bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau ?

Le dosage standard est de 10 g de bouillie bordelaise par litre d’eau pour un traitement préventif. Ce dosage peut varier entre 5 et 20 g/L selon la culture et la pression des maladies.

Comment ajuster le dosage pour différentes cultures ?

Pour les tomates, utilisez 10–15 g/L en prévention et 15–20 g/L en cas de forte pression. Pour les fruitiers en hiver, montez jusqu’à 20–30 g/L. Les jeunes pousses et cucurbitacées nécessitent 5–10 g/L maximum.

Peut-on préparer 5 litres de bouillie bordelaise ?

Oui, pour préparer 5 litres, multipliez le dosage par 5. Par exemple, pour un dosage de 10 g/L, utilisez 50 g de bouillie bordelaise pour 5 litres d’eau.

Pourquoi faut-il adapter la dose selon la météo ?

Par temps humide ou en cas de forte pression de maladies comme le mildiou, il est recommandé d’augmenter la dose dans la limite autorisée pour renforcer l’efficacité du traitement.

Quels sont les risques d’un surdosage de bouillie bordelaise ?

Un surdosage peut brûler les feuilles, ralentir la croissance des plantes et nuire à la vie du sol. Respectez toujours les dosages indiqués sur l’étiquette du produit.

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